Synthèse de l’audit financier de la Ville de Bordeaux (2019-2025)
Contexte et méthodologie
L’audit, mené par EY, analyse la situation financière de Bordeaux sur 2019-2025 et projette une tendance jusqu’en 2032. Il repose sur les comptes administratifs, les budgets et des hypothèses validées avec les services municipaux.
Points clés
1. Dégradation des équilibres financiers
- Effet-ciseau : Les dépenses de fonctionnement ont crû de 3,9%/an (vs +3,1% pour les recettes), creusant le déficit.
- Épargne brute : Chute de 14% à 10% entre 2019 et 2025, avec un taux critique en 2025 (<5%).
- Épargne nette : Passe de 32M€ à 14M€, devenant négative en projection (–47M€ en 2032).
2. Causes principales
- Charges de personnel : +26% (147M€ en 2019 → 185M€ en 2025), portées par les mesures nationales (5,6M€) et locales (revalorisations, GVT).
- Dépenses d’investissement : +67% (81M€ → 136M€), financées à 67% par l’emprunt en 2024-2025 (vs 28% en 2019).
- Recettes fiscales : Hausse de 25% (taxes foncières +70M€), mais insuffisante pour compenser les dépenses.
3. Endettement et perspectives
- Encours de dette : +64% (252M€ → 413M€), avec une capacité de désendettement à 8,6 ans (seuil d’alerte : 12 ans).
- Projection 2032 : Dette à 935M€, capacité de désendettement à 51 ans (situation insoutenable).
4. Comparaison nationale
Bordeaux affiche un décrochage depuis 2024 : épargne nette alignée sur la moyenne des villes comparables (11 villes de 150K-350K hab.), mais recours à l’emprunt supérieur (360€/hab. vs 164€ en moyenne en 2024).
Recommandations implicites
Maîtrise des dépenses (personnel, investissements), diversification des recettes et révision des priorités budgétaires pour éviter un endettement critique.